À l’hôpital
Une sonde empêche de parler, pas de penser. Cette page s’adresse aux soignants, aux patients et à leurs proches, pour les moments où il faut se comprendre tout de suite et sans voix.
Words Within Reach est un support de communication libre et gratuit. Ce n’est ni un dispositif médical, ni un avis médical, ni un protocole de soin. Elle ne se substitue à aucune procédure du service ni à l’avis d’un orthophoniste.
Les moments où elle sert
- Un patient intubé ou trachéotomisé, conscient, qui ne peut pas produire de son.
- Un réveil après une intervention, quand la parole est encore empêchée.
- Une aphasie soudaine, avant qu’un bilan ait pu être fait.
- Un patient qui ne parle pas la langue du service, aux urgences comme en consultation.
- Une personne trop fatiguée pour écrire, mais capable de désigner.
La littérature en soins critiques documente ce que ces situations coûtent : la perte de la parole chez un patient ventilé conscient s’accompagne de frustration, de stress et d’anxiété, et la difficulté est partagée par les soignants, qui sont les premiers partenaires de communication au lit du patient. Des travaux sur les tableaux de communication en réanimation ont aussi montré que les patients ont des idées précises sur les mots et les images qui leur seraient utiles.
Ce qu’on peut faire en trente secondes
- Ouvrir les planches prêtes et choisir celle qui correspond à la situation.
- Ou bien imprimer la planche et la poser à portée du geste du patient.
- Montrer soi-même deux ou trois cases en parlant, pour dire à quoi cela sert, sans rien demander en retour.
Pourquoi le papier compte ici plus qu’ailleurs
- Les mains sont occupées, et un écran demande à être tenu, déverrouillé, rechargé.
- Les appareils personnels ne sont pas toujours admis, et les postes du service sont verrouillés.
- Une feuille se nettoie ou se remplace, et une planche plastifiée reste dans la chambre.
- L’équipe change à chaque tour de garde : une planche affichée est comprise par la personne qui entre, sans explication.
- Une feuille ne tombe pas en panne de batterie au milieu de la nuit.
Où la poser
Visible en permanence, orientée vers le patient, à la portée de son geste, du côté de la main qui bouge. Une planche rangée dans un tiroir ou punaisée derrière le lit ne sert à rien. Si le patient ne peut désigner qu’avec le regard ou un mouvement minime, une planche à grandes cases se montre case par case par l’accompagnant, qui attend une validation à chaque étape.
Les questions fermées ne suffisent pas
Demander « avez-vous mal ? » et attendre un signe de tête permet de vérifier une hypothèse, pas d’en recevoir une. Un patient doit pouvoir dire ce que personne ne lui a demandé : l’angoisse, la soif, le bruit, l’envie de voir quelqu’un, le besoin d’être changé de position, le refus. C’est exactement ce qu’une planche permet, et c’est pourquoi elle porte aussi les mots qui dérangent.
Ce que l’établissement peut faire
- Imprimer en série et plastifier, sans rien demander à personne : les planches sont libres, voir licence et réutilisation.
- Adapter le vocabulaire à un service : les mots d’une réanimation ne sont pas ceux d’une maternité. Voir mes planches.
- Traduire les étiquettes pour les langues les plus courantes dans le service : les images restent les mêmes, seuls les mots changent.
- Nous écrire pour une situation que les planches ne couvrent pas : contact.
Aucune donnée de patient n’a à nous parvenir, et rien ne sort de l’appareil : ce qui est composé sur une planche reste sur l’appareil qui l’affiche. Voir les questions fréquentes.
Sources
- Communicating with conscious and mechanically ventilated critically ill patients: a systematic review, en accès libre sur PubMed Central.
- Communication boards in critical care: patients’ views, notice PubMed.
- Effect of a multi-level intervention on nurse-patient communication in the intensive care unit: results of the SPEACS trial, en accès libre sur PubMed Central.
- Assistive technology, fiche d’information de l’Organisation mondiale de la santé.