Comment ça marche
Trois gestes suffisent pour dire quelque chose. Le reste de cette page explique pourquoi l’outil est fait ainsi, ce que la recherche établit, et ce qu’elle n’établit pas.
Les trois gestes
- Ouvrir une planche. Chaque planche est une grille de cases : une image, un mot écrit dessous.
- Toucher les cases dans l’ordre. Les mots s’ajoutent l’un après l’autre dans une bande de phrase, qui se corrige case par case.
- Faire parler. La voix de l’appareil prononce la phrase. Sur papier, la même planche se montre du doigt.
Les choix de conception, et ce qui les motive
Les mêmes cases, toujours à la même place
Chaque planche commence par la même bande de douze mots, dans le même ordre : oui, non, aide, arrête, moi, je veux, encore, fini, mal, boire, manger, toilettes. Une main qui a appris où se trouve « oui » doit le retrouver au même endroit partout, sans le chercher des yeux. Le geste finit par se faire de mémoire, comme on trouve une touche de clavier sans la regarder. C’est un choix d’ergonomie assumé : nous préférons une grille moins élégante et des positions constantes à un rangement plus joli qui déplacerait les mots d’une planche à l’autre.
Peu de mots, mais les bons
Les planches donnent la priorité aux mots qui servent partout, quel que soit le sujet : vouloir, aller, encore, fini, aider, arrêter, plus, moins. Ce sont eux qui permettent de fabriquer des phrases neuves, plutôt que de désigner des objets un par un. Les travaux sur le vocabulaire employé au quotidien vont dans ce sens : dans une étude sur des enfants d’âge préscolaire, les deux cents mots les plus fréquents représentent près de neuf mots produits sur dix. Les mots propres à une personne, prénoms, plats, lieux, habitudes, s’ajoutent ensuite dans mes planches : ils ne s’inventent pas à sa place.
L’image et le mot écrit, ensemble
Chaque case porte son mot sous l’image. Une image seule est ambiguë : le même dessin peut vouloir dire l’objet, l’action ou l’envie. Le mot écrit lève le doute pour l’accompagnant, sert de repère à qui lit un peu, et rend la planche imprimée utilisable par quelqu’un qui découvre les pictogrammes en entrant dans la chambre.
Le papier, à égalité avec l’écran
Une feuille ne tombe pas en panne de batterie, ne se verrouille pas, ne s’éteint pas pendant un examen et se donne à qui entre dans la pièce. Les planches sont donc conçues pour être imprimées lisiblement en noir, pas seulement affichées. Voir imprimer une planche.
Tout reste sur l’appareil
Ce qu’une personne dit avec cet outil est parmi les choses les plus intimes qui existent : ce qu’elle veut, ce qui lui fait mal, de qui elle a besoin. Rien de tout cela ne sort de l’appareil. La voix employée est celle qui est installée sur la machine, jamais un service de synthèse distant, ce qui reviendrait à envoyer chaque phrase à un tiers. Vous pouvez le vérifier : outils de développement du navigateur, onglet Réseau, rechargement de la page.
L’accessibilité n’est pas une option de fin de projet
Grandes cases, contrastes forts, tailles réglables, parcours complet au clavier, et un balayage automatique qui permet de choisir une case avec un seul contacteur, à vitesse réglable. Ce qui marche pour une main qui tremble marche pour tout le monde.
Ce que la recherche établit, et ce qu’elle n’établit pas
La crainte la plus répandue autour de ces outils est qu’ils empêchent la parole de venir. Une revue de la littérature publiée en 2006 dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research a examiné vingt-trois études portant sur soixante-sept personnes : elle conclut que l’usage de la communication alternative n’a ralenti ni empêché le développement de la parole, et que la production orale a augmenté chez 89 % des participants. Les auteurs précisent eux-mêmes que six études seulement présentaient un contrôle expérimental suffisant, et qu’il faut d’autres travaux : nous reprenons cette prudence telle quelle.
Ce que nous n’affirmons pas : que cet outil améliore l’état d’une personne, qu’il remplace un accompagnement, ou qu’il convient à tous. Words Within Reach n’est ni un dispositif médical, ni un avis médical, ni un outil de diagnostic. Elle ne mesure personne et n’évalue personne. Le choix d’un mode de communication pour une personne donnée appartient à elle, à ses proches et aux professionnels qui la connaissent.
Comment le service est fabriqué
- Des pages statiques, sans base de données, sans compte, sans bibliothèque extérieure chargée dans votre navigateur.
- Les planches prêtes sont écrites en HTML au moment de la génération : elles s’affichent, se lisent et s’impriment même si JavaScript est désactivé. La construction de phrase et la voix sont un confort posé par-dessus.
- Le vocabulaire et les planches vivent dans des fichiers de données publics, que n’importe qui peut relire ou reprendre.
- Chaque pictogramme servi a sa licence lue dans le fichier livré avec son jeu, et tracée dans les crédits.
- Une fois la page ouverte, tout fonctionne sans connexion. Voir emporter le service hors ligne.
Sources
- The impact of augmentative and alternative communication intervention on the speech production of individuals with developmental disabilities: a research review, Millar, Light et Schlosser, 2006, résumé d’évaluation de la base DARE, National Library of Medicine (étude publiée dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research, vol. 49, p. 248-264, notice PubMed).
- Frequency of word usage by Hebrew preschoolers: implications for AAC core vocabulary, Augmentative and Alternative Communication, 2023 : les deux cents lexèmes les plus fréquents couvrent environ 87 % des mots produits dans les échanges entre pairs.
- Assistive technology, fiche d’information de l’Organisation mondiale de la santé, sur le besoin mondial de produits d’assistance et les barrières d’accès.