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Comment ça marche

Trois gestes suffisent pour dire quelque chose. Le reste de cette page explique pourquoi l’outil est fait ainsi, ce que la recherche établit, et ce qu’elle n’établit pas.

Les trois gestes

  1. Ouvrir une planche. Chaque planche est une grille de cases : une image, un mot écrit dessous.
  2. Toucher les cases dans l’ordre. Les mots s’ajoutent l’un après l’autre dans une bande de phrase, qui se corrige case par case.
  3. Faire parler. La voix de l’appareil prononce la phrase. Sur papier, la même planche se montre du doigt.
Un tableau de communication posé à plat, couvert de petites cartes portant chacune une image et un mot.
Un tableau de communication et ses cartes : une image, un mot, une position stable. Photographie d’Eddau, sous CC0, via Wikimedia Commons.

Les choix de conception, et ce qui les motive

Les mêmes cases, toujours à la même place

Chaque planche commence par la même bande de douze mots, dans le même ordre : oui, non, aide, arrête, moi, je veux, encore, fini, mal, boire, manger, toilettes. Une main qui a appris où se trouve « oui » doit le retrouver au même endroit partout, sans le chercher des yeux. Le geste finit par se faire de mémoire, comme on trouve une touche de clavier sans la regarder. C’est un choix d’ergonomie assumé : nous préférons une grille moins élégante et des positions constantes à un rangement plus joli qui déplacerait les mots d’une planche à l’autre.

Peu de mots, mais les bons

Les planches donnent la priorité aux mots qui servent partout, quel que soit le sujet : vouloir, aller, encore, fini, aider, arrêter, plus, moins. Ce sont eux qui permettent de fabriquer des phrases neuves, plutôt que de désigner des objets un par un. Les travaux sur le vocabulaire employé au quotidien vont dans ce sens : dans une étude sur des enfants d’âge préscolaire, les deux cents mots les plus fréquents représentent près de neuf mots produits sur dix. Les mots propres à une personne, prénoms, plats, lieux, habitudes, s’ajoutent ensuite dans mes planches : ils ne s’inventent pas à sa place.

L’image et le mot écrit, ensemble

Chaque case porte son mot sous l’image. Une image seule est ambiguë : le même dessin peut vouloir dire l’objet, l’action ou l’envie. Le mot écrit lève le doute pour l’accompagnant, sert de repère à qui lit un peu, et rend la planche imprimée utilisable par quelqu’un qui découvre les pictogrammes en entrant dans la chambre.

Le papier, à égalité avec l’écran

Une feuille ne tombe pas en panne de batterie, ne se verrouille pas, ne s’éteint pas pendant un examen et se donne à qui entre dans la pièce. Les planches sont donc conçues pour être imprimées lisiblement en noir, pas seulement affichées. Voir imprimer une planche.

Tout reste sur l’appareil

Ce qu’une personne dit avec cet outil est parmi les choses les plus intimes qui existent : ce qu’elle veut, ce qui lui fait mal, de qui elle a besoin. Rien de tout cela ne sort de l’appareil. La voix employée est celle qui est installée sur la machine, jamais un service de synthèse distant, ce qui reviendrait à envoyer chaque phrase à un tiers. Vous pouvez le vérifier : outils de développement du navigateur, onglet Réseau, rechargement de la page.

L’accessibilité n’est pas une option de fin de projet

Grandes cases, contrastes forts, tailles réglables, parcours complet au clavier, et un balayage automatique qui permet de choisir une case avec un seul contacteur, à vitesse réglable. Ce qui marche pour une main qui tremble marche pour tout le monde.

Ce que la recherche établit, et ce qu’elle n’établit pas

La crainte la plus répandue autour de ces outils est qu’ils empêchent la parole de venir. Une revue de la littérature publiée en 2006 dans le Journal of Speech, Language, and Hearing Research a examiné vingt-trois études portant sur soixante-sept personnes : elle conclut que l’usage de la communication alternative n’a ralenti ni empêché le développement de la parole, et que la production orale a augmenté chez 89 % des participants. Les auteurs précisent eux-mêmes que six études seulement présentaient un contrôle expérimental suffisant, et qu’il faut d’autres travaux : nous reprenons cette prudence telle quelle.

Ce que nous n’affirmons pas : que cet outil améliore l’état d’une personne, qu’il remplace un accompagnement, ou qu’il convient à tous. Words Within Reach n’est ni un dispositif médical, ni un avis médical, ni un outil de diagnostic. Elle ne mesure personne et n’évalue personne. Le choix d’un mode de communication pour une personne donnée appartient à elle, à ses proches et aux professionnels qui la connaissent.

Comment le service est fabriqué

Sources