Après un accident vasculaire
Quand les mots ne sortent plus, ou sortent de travers, la personne est toujours là, entière. Cette page dit ce qu’une planche de pictogrammes peut apporter dans les échanges de tous les jours, et ce qu’elle ne remplace pas.
Words Within Reach n’est ni un dispositif médical, ni un avis médical, ni un outil de rééducation. La prise en charge de l’aphasie relève d’un orthophoniste et de l’équipe qui suit la personne. Ce site est un support de communication du quotidien, rien de plus, rien de moins.
De quoi il est question
L’aphasie est un trouble du langage qui peut apparaître après un accident vasculaire cérébral. Elle touche la production des mots, leur compréhension, la lecture ou l’écriture, à des degrés très variables d’une personne à l’autre. Une méta-analyse publiée en 2024 rapporte une prévalence globale de l’aphasie après un accident vasculaire de 34 %. Ce n’est donc ni rare, ni marginal.
Ce qu’il faut retenir avant tout : une difficulté à trouver les mots n’est pas une perte d’intelligence, de mémoire ni de jugement. La façon de s’adresser à la personne doit rester celle d’un adulte qui parle à un adulte.
Ce qu’une planche apporte au quotidien
- Dire ce qui presse sans avoir à trouver le mot : mal, boire, froid, toilettes, fatigue, aide.
- Désigner une personne par sa photographie quand son prénom ne vient pas.
- Sortir des questions fermées. Répondre par oui ou par non à ce que l’entourage devine ne permet pas de dire ce que personne n’a pensé à demander.
- Garder la main sur la conversation : c’est la personne qui montre, pas l’entourage qui suppose.
- Un support qui ne demande pas de lire : chaque case porte une image, et son mot écrit dessous pour qui le lit encore.
Ce qui aide, dans la pièce
- Laisser le temps. Le silence qui suit une question n’est pas un refus : c’est souvent un mot en chemin.
- Laisser la planche visible et à portée de main, en permanence. Une planche rangée dans un tiroir ne sert à personne.
- S’en servir soi-même en parlant, pour montrer l’usage sans rien exiger.
- Accepter les messages qui dérangent : arrêter, refuser, protester. Un outil qui ne permet que d’être poli n’est pas un outil de communication.
- Ajouter les mots de cette personne : ses proches, ses habitudes, ses lieux, ses plats. Ils ne s’inventent pas à sa place. Voir mes planches.
La page accompagner sans parler à la place détaille ces points pour les proches comme pour les professionnels.
Ce que ce site ne fait pas
- Il ne diagnostique rien et n’évalue personne. Aucun score, aucun bilan, aucun suivi de progrès, et rien qui soit envoyé où que ce soit.
- Il ne remplace pas l’orthophonie, dont les objectifs et les exercices se décident avec un professionnel qui connait la personne.
- Il ne prescrit aucun matériel et ne recommande aucun équipement pour un cas particulier.
- Il ne promet aucune amélioration. Ce qu’il propose est un moyen de se faire comprendre aujourd’hui.
Par où commencer
Les planches prêtes couvrent les situations les plus courantes, et les douze mêmes cases se trouvent toujours au même endroit : la position des mots ne change pas d’une planche à l’autre, pour que le geste devienne automatique. Imprimez celle qui sert le plus, gardez-la sur la table, et ajoutez les mots manquants au fil des jours.
Sources
- Meta-analysis and systematic review of the relationship between sex and the risk or incidence of poststroke aphasia and its types, 2024, en accès libre sur PubMed Central : prévalence globale de l’aphasie après accident vasculaire de 34 %.
- Diagnosing and managing post-stroke aphasia, revue clinique en accès libre sur PubMed Central.
- Assistive technology, fiche d’information de l’Organisation mondiale de la santé.
- Comment ça marche : les choix de conception de l’outil et ce que la recherche dit de la communication alternative.