Ce site est un site officiel de l’ODERSA. Voici comment le savoir

Le domaine officiel

L’adresse de ce site se termine par odersa.org. Chaque service de l’association vit sur un sous-domaine de odersa.org et nulle part ailleurs. Si l’adresse dans la barre de votre navigateur ne finit pas par odersa.org, ce site n’est pas le nôtre.

Gratuit, et sans compte

Tout est ouvert tout de suite. Aucune inscription, aucun compte, aucun mot de passe, aucun abonnement, aucune publicité. Rien n’est réservé à qui paie, puisque rien ne se paie.

Aucune donnée collectée

Ce site ne vous suit pas : ni mouchard, ni cookie de traçage, aucun outil de mesure embarqué dans ces pages, et rien de mesuré sur votre appareil. Notre hébergeur compte les passages de façon agrégée, comme tout serveur qui répond : un total, jamais un profil. Vous n’avez pas à nous croire : ouvrez les outils de développement de votre navigateur, onglet Réseau, et rechargez la page. Vous verrez la liste complète de ce que le site demande. Tout vient de odersa.org, rien ne part ailleurs.

Contenus libres

Les contenus sont publiés sous licence CC BY 4.0. Vous pouvez les copier, les traduire, les imprimer et les redistribuer, pour vos cours comme pour vos proches, à la seule condition de citer l’ODERSA.

Réglages d’affichage

Ces réglages ont besoin de JavaScript. Sans lui, la page reste lisible telle quelle : le texte suit la taille choisie dans votre navigateur.

Taille du texte
Contraste
Espacement
Liens
Thème
Animations

Présenter un tableau de communication pour la première fois

Le premier contact avec un tableau de communication compte autant que l’outil lui-même. Une présentation posée, sans test ni précipitation, ouvre une porte que des habitudes bien intentionnées referment souvent trop vite.

Un tableau de communication ne se devine pas. Pour un proche, un patient ou un élève qui n’en a jamais vu, le premier contact avec l’outil compte autant que l’outil lui-même. Une présentation maladroite peut faire naître un rejet durable, alors qu’une présentation posée ouvre une porte qui reste ensuite plus facile à franchir. La façon de montrer l’outil décide souvent davantage de son avenir que l’outil en lui-même, quel que soit le nombre d’images qu’il porte.

Une posture avant un geste

Avant tout geste, la personne qui présente l’outil gagne à partir du principe que la personne en face comprend plus qu’elle ne peut actuellement le montrer. L’ASHA, l’association américaine d’orthophonie et d’audiologie, rappelle qu’aucun prérequis cognitif n’est nécessaire à l’usage de la CAA, qu’une compétence cognitive altérée n’empêche pas la communication, et que les services de CAA doivent suivre une politique de non-exclusion. Cette position change la manière de parler à la personne, de la regarder, et de lui laisser une vraie place dans l’échange, avant même que le tableau ne soit posé sur la table.

Trois contextes, une même attention

Le contexte change la manière dont l’outil peut apparaître pour la première fois, sans changer l’attention qu’il demande. À la maison, un proche l’introduit souvent dans un moment de vie ordinaire, autour d’un repas ou d’un jeu, sans étiquette de séance. Auprès d’un patient, un soignant dispose de moins de temps, mais peut s’appuyer sur un besoin immédiat et concret, comme désigner une douleur ou exprimer une gêne. Devant un élève, un enseignant profite d’un cadre déjà structuré par la classe, à condition de veiller à ce que le tableau ne devienne pas un exercice noté parmi d’autres.

Le geste, étape par étape

Le geste suit un ordre, et cet ordre a sa logique : chaque étape prépare la suivante.

  1. Choisir un moment calme, sans urgence ni public, pour la première présentation.
  2. Poser le tableau à la vue et à la portée de la personne, pas seulement de l’aidant.
  3. Montrer une image en la nommant à voix haute, sans exiger de réponse immédiate.
  4. Observer ce que la personne regarde ou désigne, et le nommer à son tour.
  5. Laisser un silence de plusieurs secondes après chaque échange avant de relancer.
  6. Reprendre l’outil dans des moments variés du quotidien, plutôt que dans une seule séance.

Ce qu’il ne faut pas faire

Certaines habitudes, pourtant bien intentionnées, freinent l’installation de l’outil. Elles se glissent facilement dans une relation d’aide, précisément parce qu’elles viennent d’un souci d’efficacité ou de protection.

Modéliser plutôt qu’exiger

Une méthode porte un nom précis et revient constamment dans les ressources de CAA, la stimulation par le langage assisté. Elle consiste, pour le partenaire de communication, à montrer lui-même les images du tableau en parlant, sans demander à la personne de faire de même immédiatement. AssistiveWare, éditeur d’outils de CAA, résume ainsi l’idée : modéliser sans attente de résultat, c’est-à-dire toucher une image sans exiger que la personne la reprenne ensuite, et modéliser de façon régulière, dans des contextes variés.

Un rapport de cas publié en 2024 dans Therapeutic Advances in Rare Disease illustre cette progressivité. Il porte sur une seule personne, une jeune adulte atteinte d’un syndrome de Sanfilippo à un stade avancé, utilisant un tableau à commande oculaire : ce n’est donc pas un protocole général, et nous ne le présentons pas comme tel. Ce qui s’en retient tient au rythme. Les accompagnants reçoivent une démonstration par un orthophoniste spécialisé en CAA, puis introduisent eux-mêmes seulement quatre nouvelles images toutes les une à deux séances, pour éviter la fatigue et le rejet du système. Chaque image est nommée à voix haute pendant que le tableau reste visible, et l’outil s’intègre aux activités quotidiennes, la toilette, le repas ou les loisirs, plutôt qu’à des séances formelles séparées.

Le temps laissé à la personne pour réagir joue un rôle à part. Une ressource spécialisée en CAA relève qu’un temps d’attente pouvant aller jusqu’à quarante-cinq secondes aide les personnes à prendre davantage la parole et à utiliser plus de mots qu’un échange précipité. Ce temps sert à trois choses : signaler que c’est le tour de la personne, lui laisser traiter ce qui vient d’être dit, et lui laisser la possibilité d’y répondre.

La patience du partenaire de communication compte autant que la qualité du tableau qu’il tient entre les mains.

Cette façon de présenter l’outil ne change pas selon que l’on est un proche à la maison, un soignant auprès d’un patient ou un enseignant devant un élève. La posture, le geste et le temps laissé restent les mêmes ; seul le contexte varie, et c’est cette constance qui rend l’outil reconnaissable d’un lieu à l’autre.

Cet article décrit des manières de faire rapportées par des ressources de CAA et des travaux publiés. Ce n’est ni un avis médical, ni un protocole de soin, ni une méthode validée pour une personne en particulier. Words Within Reach n’évalue personne et ne mesure aucun progrès : présenter un tableau n’est pas un test, et rien ici ne demande de vérifier ce qu’une personne sait faire avant de lui donner la parole. Le choix d’un mode de communication appartient à la personne, à ses proches et aux professionnels qui la connaissent.

Sources

Cet article est publié sous licence CC BY 4.0 : copiez-le, traduisez-le, republiez-le en citant l’ODERSA.

Retour au blog